« les 5 erreurs majeures de François Hollande »

Lettre adressée à François Hollande par Jean-Louis Borloo.

Monsieur le Président de la République,

Ce jeudi 28 mars, vous avez décidé de parler aux Français. Ce jeudi 28 mars, vous ne pourrez plus vous dérober.

Voici maintenant des mois et des mois que nous ne cessons de vous interpeller sur les cinq erreurs majeures et dramatiques commises à l’endroit de l’emploi et du pouvoir d’achat. Ces erreurs ne sont imputables ni à vos prédécesseurs, ni à l’Europe, ni à la crise mondiale. Elles ne dépendent que de vous. Vous devez les rectifier.

Vous avez précipité le secteur du logement et du bâtiment dans une crise d’une extrême gravité, en procédant à une hausse insensée des taux de TVA sur les logements sociaux, sur les économies d’énergie et sur les travaux dans l’habitat , soit une augmentation de 100 % en 18 mois. Certes, la semaine dernière, vous avez reconnu, mais seulement en partie, cette première erreur. Maintenant, il vous faut aller plus loin en revenant à un taux à 5% pour l’ensemble du secteur et en élargissant l’accès au prêt à taux zéro pour les primo-accédants.

Faites-le immédiatement, car, à défaut, le secteur du bâtiment enregistrera à nouveau près de 100 000 destructions d’emploi dans l’année qui vient, alors que nous pouvions en créer 100 000.

La deuxième erreur stupéfiante concerne le secteur des services à la personne, qui a créé plus 400 000 emplois ces dernières années. Par idéologie ou par méprise, vous avez à tort résumé ce secteur à une aide fiscale aux très riches alors qu’il s’agit d’un secteur absolument crucial pour la qualité de vie de nos concitoyens (soins à domicile, gardes d’enfants, aide aux personnes dépendantes, soutien scolaire…). Vous avez donc ignoré non seulement 2.2 millions de professionnels mais aussi 4 millions de familles françaises. La réduction des aides fiscales, la suppression du forfait dans le calcul des charges et la suppression de l’Agence des Services à la Personne vont entraîner la destruction de 120.000 emplois au lieu des 120 000 qui auraient pu être créés.

La troisième erreur est la suppression du dispositif d’allègement de charges et de défiscalisation des heures supplémentaires. Cette décision n’a nullement créé de l’emploi, elle en a détruit en réduisant la souplesse et la compétitivité des entreprises. C’est de plus une attaque terrible contre le pouvoir d’achat de 9.5 millions salariés des secteurs privé et public.

Après une pression fiscale accrue de près de 30 milliards d’euros depuis votre arrivée et alors que chaque jour des ballons d’essai fiscaux sont lancés par tel ou tel membre de votre majorité, les Français ont besoin de connaître la trajectoire exacte des prélèvements obligatoires, jusqu’en 2017. Tant que cette incertitude ne sera pas levée, ils retarderont leurs projets personnels et collectifs. Pour relancer la croissance, vous devez rétablir la confiance. Pour remettre la France des projets en mouvement, engagez-vous solennellement à ne pas augmenter les prélèvements obligatoires d’ici la fin de votre quinquennat et dites-le dès jeudi soir.

Enfin, près de 3 millions de Français sont des entrepreneurs et emploient 13 millions de leurs concitoyens, vous devez leur expliquer pourquoi vous avez préféré un crédit d’impôt compétitivité emploi, si compliqué et qui sera mis en œuvre au lieu d’abaisser immédiatement les charges pesant sur le travail ?

Revenez sur ces cinq erreurs. Elles sont néfastes, anti-sociales, dramatiques pour l’emploi et mauvaises pour les comptes publics. Elles sont reconnues comme telles par les citoyens, par les experts, par les professionnels et par les élus, y compris de votre propre camp.

Au nom de 9,5 millions salariés du public comme du privé, des 3 millions de français qui œuvrent pour le secteur du bâtiment, des 4,2 millions de familles qui utilisent les services à la personne et des 2,2 millions de professionnels qui y travaillent, revenez sur vos erreurs.

Au nom de tous les Français, inquiets pour leur pouvoir d’achat, prenez l’engagement indispensable sur l’honneur de ne pas augmenter les prélèvements obligatoires d’ici à 2017.

Les Français sont lucides. Ils peuvent vous pardonner d’avoir à ce point nié la réalité de la crise pendant votre campagne. Ils peuvent vous pardonner d’avoir annoncé imprudemment la renégociation du Traité européen.

Les Français sont courageux. Ils ne vous demandent pas de vous renier, ils veulent tout simplement la vérité et la transparence. Ils sont prêts à reprendre confiance à condition que vous leur disiez franchement et sans fard : « nous allons corriger les erreurs que nous avons commises, et pour le reste voilà le cap ».

Je ne doute pas que vous aurez bien d’autres choses à dire aux Français. Pourtant si cette intervention se résumait qu’à une simple justification et non à une rectification des erreurs dont les Français sont victimes dans leur quotidien, je crains qu’ils ne vous le pardonnent pas.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en l’expression de ma très haute considération.

                              

Jean-Louis BORLOO

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À propos

Conseiller de Paris, délégué auprès du Maire du XVIème arrondissement, chargé des affaires européennes et internationales, Vice-Président du Groupe UDI-MoDem au Conseil de Paris, Vice-Président du Groupe UDI à la Métropole du Grand Paris

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Publié dans Coups de coeur, coups de gueule

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