« Arrêtons la mauvaise polémique de la gare du Nord ! », Tribune collective dans « Le Monde »

Dans une tribune au « Monde » un collectif d’élus UDI ou encore du Groupe Parisiens Progressistes, constructifs et indépendants, défendent le projet de rénovation de la gare du Nord car c’est « l’image que la France renverra au monde à l’occasion des Jeux olympiques de 2024 ».


Tribune. Le projet de rénovation de la Gare du Nord prend un tour polémique comme la France en a le secret. Certes, toute décision d’aménagement est discutable et l’on ne compte plus les controverses passionnées qui entourent quasi systématiquement toute intervention majeure sur des emblèmes de notre patrimoine national. Il est normal que nos grandes gares urbaines, pour l’essentiel héritées d’investissements privés du XIXe siècle, n’y échappent pas.

Le projet de rénovation de la Gare du Nord s’inscrit dans une impulsion récente de réhabilitation et de modernisation des grandes gares de France après une longue période de maintenance essentiellement ferroviaire. C’est cette nouvelle politique qui a permis de rénover en un temps record de nombreuses grandes gares situées à Paris ou dans nos territoires.

Ce qui peut interroger, ce n’est pas que la Gare du Nord soit à son tour concernée, mais plutôt qu’elle n’ait pas été la première priorité de ce programme, du fait qu’elle enregistre la plus importante fréquentation quotidienne d’Europe, qu’elle constitue un point frontière qui donne de notre pays une image peu avenante, et qu’elle soit devenue un lieu de trafics et d’incivilités qui empoisonnent le quartier.

La gare, objet ferroviaire et lieu de vie urbain

Le parti pris de sa réhabilitation est en tous points comparable à celui des autres gares parisiennes, dont on n’a pas souvenir qu’il ait fait l’objet de contestations aussi sentencieuses de politiques ou d’experts. Il s’agit de rattraper un retard éclatant de la France par rapport aux autres grandes nations ferroviaires comme le Japon, la Suisse et la plupart des autres, qui consiste à faire de la gare d’aujourd’hui non seulement un objet ferroviaire, ce qui reste sa vocation première, mais aussi un lieu de vie urbain.

La gare devient ainsi un vecteur de redynamisation du quartier, de l’arrondissement ou du cœur de ville dans lequel elle est implantée, favorisant le développement de services et d’activités économiques connexes et complémentaires. Accessoirement, ce parti pris permet de valoriser les plus grandes gares en évitant de faire peser le coût considérable de leur rénovation sur les impôts des contribuables et sur les tarifs de train, mais aussi en contribuant au financement des gares de province et d’Ile-de-France qui n’ont pas le même potentiel commercial.

Grâce à ce modèle de péréquation, les cinquante plus grandes gares de France contribuent au financement de 3 000 petites gares dans le pays. Que ce soit une filiale d’Auchan ou quiconque autre grand professionnel privé qui finance la réhabilitation de ces équipements publics est plutôt une bonne nouvelle qui devrait réjouir tous ceux qui sont attachés à la modernisation de notre patrimoine public sans impact fiscal et tarifaire.

Pour les 900 000 voyageurs qui transiteront chaque jour par la Gare du Nord
Car contrairement à une insidieuse manipulation argumentaire qui tend à déplacer un débat architectural sur le terrain idéologique, la Gare du Nord, comme toutes les gares qui l’ont précédée dans la rénovation, restera propriété publique de l’Etat via la SNCF. Les activités commerciales seront gérées par une société associant le privé et la SNCF, qui touchera 50 % des revenus d’exploitation générés.

Bien loin du mauvais procès de la profanation d’un temple du service public par les marchands du temple, la réalité du projet consiste à améliorer grandement l’expérience que les voyageurs et visiteurs auront de la gare : des parcours fluidifiés et raccourcis, l’agrément de nouveaux espaces et équipements, des services multiples qui faciliteront et embelliront le quotidien des Franciliens comme des touristes.

Il suffit d’ailleurs de prendre l’Eurostar et de débarquer à la gare flambant neuve de Saint-Pancras à Londres pour mesurer l’incongruité de ceux qui prétendent toujours parler au nom d’usagers qu’ils ne sont pas et ne représentent pas, préférant le statu quo à l’innovation d’intérêt général.

La discussion publique peut et doit se poursuivre sur des bases saines, sans instrumentalisation. Il en va de l’intérêt des 900 000 voyageurs qui transiteront chaque jour par la Gare du Nord d’ici quelques années, et de l’image que la France renverra au monde à l’occasion des Jeux olympiques de 2024.

Eric Azière, conseiller de Paris, président du groupe UDI-Modem ; Pierre Auriacombe, conseiller de Paris, groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants ; Pascale Bladier-Chassaigne, conseillère de Paris, groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants ; Céline Boulay-Espéronnier, sénatrice et conseillère de Paris, groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants ; Leila Diri, conseillère de Paris, groupe UDI-Modem ; Jérôme Dubus, conseiller de Paris, président du groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants ; Eric Helard, conseiller de Paris, groupe UDI-Modem ; Thierry Hodent, conseiller de Paris, groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants ; Fadila Mehal, Conseillère de Paris, Groupe Démocrates et Progressistes ; Valérie Nahmias, conseillère de Paris, groupe UDI-Modem ; Pierre-Alain Raphan, député de l’Essonne, groupe La République en Marche ; Christian Saint-Etienne, conseiller de Paris, groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants ; Anne Tachène, conseillère de Paris, Groupe UDI-Modem ; Patrick Trémège, conseiller de Paris, groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants ; Alexandre Vesperini, conseiller de Paris, Groupe Parisiens Progressistes, constructifs et indépendants.

➡️ Retrouvez la Tribune dans Le Monde.

À propos

Délégué départemental de la Fédération UDI de Paris, Conseiller de Paris, délégué auprès du Maire du XVIème arrondissement, chargé des affaires européennes et internationales, Vice-Président du Groupe UDI-MoDem au Conseil de Paris, Vice-Président du Groupe UDI à la Métropole du Grand Paris

Publié dans COUPS DE COEUR, COUP DE GUEULE
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